Le metteur en scène

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Les frères Taloche viennent donc de fêter leurs vingt ans judicieusement leur public, tout en restant très vigilant sur le fait d’existence, copieusement et en grandes pompes, de clowns comme il se doit… Vingt ans déjà ? Encore que dans leur cas, je ne suis même pas tout à fait sûr qu’ils aient seulement atteint l’âge de raison ! Quoi qu’il en soit, il était clair que l’heure des grandes interrogations et des grandes décisions un tantinet adultes avait bel et bien sonné.Et tout d’abord, comme pour tout artiste, celle de sans cesse se remettre en question en ne craignant pas, à chaque fois, de remettre les compteurs à zéro. Pour nos deux compères, après avoir décliné avec succès l’art du sketch et du numéro sous toutes leurs coutures, un renouveau, voire un bouleversement dans la forme semblait s’imposer. C’est ainsi que leur envie commune, aussi profonde que secrète, de tendre un jour vers le théâtre les a assez vite conduits vers moi, ce dont avant tout, je me suis tout de suite et profondément réjoui ! Cependant, il m’a très vite semblé opportun de les alerter sur la difficulté qu’il y aurait à trouver une pièce qui leur permette de s’aventurer dans de nouveaux sentiers, et par là même de surprendre de ne jamais s’éloigner de ce qui fait la singularité, la sève et le charme de leur duo. Aussi, après quelques tentatives d’explorations de plusieurs œuvres préexistantes mais infructueuses, les frères Taloche ont ils pris l’initiative de s’enfermer pour s’essayer à la chose, en toute innocence. Et quelle ne fut pas ma surprise quand je découvris l’ovni ! Pour un coup d’essai, quel coup de maître… Dans « Les Caves » tout y est ! Une situation à rebondissements qui tient ses promesses, des personnages en perpétuelle évolution, un univers fantasque et poétique truffé de facéties les plus extraverties. Bref du Taloche pur jus, doublé d’un parfait cousu main pour chacun d’entre eux. Il ne me restait plus qu’à m’y engouffrer avec gourmandise, en n’ayant de cesse que de pousser chaque note un peu plus loin, de laisser la dimension théâtrale de la proposition prendre pleinement son espace, en laissant joyeusement poindre mine de rien une nouvelle forme de spectacle, au carrefour de plusieurs disciplines, à la recherche commune d’un divertissement le plus inspiré et débridé qui soit ! Alain Sachs